Interview : Les animaux totems de Topaz

Graffeur tourangeau, Topaz appose ses oeuvres sur les murs des villes au gré de ses rencontres et envies.

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Bonjour, je suis Topaz, graffeur basé en Touraine. J’aime les fresques, les rencontres artistiques et la vadrouille.

Quand et comment es-tu venu au graffiti ? 

J’ai eu un premier contact avec le monde du graffiti lorsqu’au lycée, un copain m’a emmené le suivre peindre un pont d’autoroute de nuit. C’était la première fois que je voyais quelqu’un peindre, et l’ambiance unique de la session nocturne m’a beaucoup marqué. Peu après, je peignais mes premières lettres à ses côtés sur le mur légal de la ville. Ma pratique s’est confirmée quelques temps après, lorsque je suis arrivé à Tours pour mes études : j’y ai rencontré une bande de tagueurs, et mon goût pour le dessin et l’exploration a fait le reste.

Tu voyages régulièrement pour peindre. Récemment tu étais à Beyrouth au Liban. Des anecdotes de voyage ?

C’est vrai que j’ai eu la chance de pas mal voyager dans ma jeunesse, et j’ai gardé cette facilité à voyager même avec très peu de moyens.

En janvier dernier, j’étais à Beyrouth, au Liban. On cherchait un mur à peindre avec Phat2, près de la corniche pas trop loin du downtown. On trouve ce mur, qui faisait l’enceinte d’un terrain vague : en face de la mer, de bonne hauteur, il était criblé d’impacts de balle mais bien lisse. Le bon spot. On commence à peindre, Phat2 me précise que si dans les 30 minutes personnes ne vient se plaindre (le temps que les gens du coin nous voient et préviennent le proprio), c’est que personne ne viendra et qu’on pourra finir notre peinture tranquille. 

Et puis dans l’après-midi, la poubelle au coin de la rue prend feu. Un passant tente tant bien que mal de stopper le truc avec son extincteur de voiture. Les pompiers arrivent et gèrent l’affaire en quelques minutes. Puis les flics en civils débarquent, et viennent nous demander ce qu’on a vu. Ils voulaient juste savoir si l’incendie était d’origine criminel, ils en avaient rien à faire du graffiti. Là-bas, l’accès aux murs est assez  facile et la plupart des gens voient ça comme  un vrai atout pour apporter de la couleur et du renouveau sur des murs qui portent les traces des conflits passés.

Ta prochaine destination ?

J’aimerai bien vadrouiller aux Açores, retourner au Maroc, … mais il y a déjà plein d’endroits incroyables à voir en France pas si loin de chez moi. On verra bien où mes pas me mènent. . Je ne collectionne pas les destinations comme des cases à remplir, mais je voyage selon les rencontres, les opportunités et les envies.

Beaucoup de tes pièces ont un lien avec la nature et les animaux, c’est important pour toi ?

Oui bien sûr, il s’agit de trouver la bonne recette entre le fond et la forme. Dans les friches ou les campagnes, j’aime bien peindre des animaux totems ; j’essaye de trouver quel animal serait le plus intéressant à faire apparaître sur ces murs. C’est une question de feeling entre le lieu, le symbolique et mon énergie du moment. C’est important pour moi car c’est l’expression d’une envie personnelle, mais je trouve aussi intéressant que mes peintures puissent être accessibles aux gens qui vont fréquenter ces lieux naturels.

Ça m’arrive de peindre des lettrages, mais ce sera dans des circonstances plus personnelles.

Tu fais aussi partie du collectif les Grabouilleurs, tu peux nous en parler ?

Les Grabouilleurs, c’est un collectif fondé sur Tours, qui est parti de l’envie de faire des choses ensemble pour aller plus loin en équipe. C’est un état d’esprit ouvert, bienveillant, basé sur la camaraderie et le plaisir de se peindre ensemble des fresques à thèmes. C’est aussi une structure associative, qui sert d’outil administratif à ceux qui en ont besoin pour leurs prestations.

Aujourd’hui, l’équipe est composée de Fesh, VD, Hazar, Cu2, Bise, Deas, Antistak, Resha et moi-même, répartis dans plusieurs villes de France.

Des projets pour la suite ?

Oui, cet été plusieurs évènements graffitis se multiplient pour moi : Graffeurs au Château (en Touraine), puis résidence à Street Art City (dans l’Allier), avant l’ouverture du projet Etat des lieux (dans le Loir-et-Cher). Et je vais  profiter de mon mois d’août pour aller vadrouiller sur les routes de France.

De manière générale, j’ai envie de pouvoir multiplier les challenges artistiques, et pouvoir continuer de rencontrer des gens intéressants autour de notre passion commune.

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