PRC, le bloc letters crew


Le PRC Crew a retourné pendant des années les plus grands murs de l’île de la Réunion avec leur bloc letters. Rskpé et Mcdick ont répondu aux questions de Graffiti 974.

Quand et comment le crew PRC a été créé ?

PRC crew est né dans l’ouest de l’ile de la Réunion il y a une bonne quinzaine d’année. Il a été créé par SOACK (maintenant LHORLOGE), WOSK et IKONE à l’époque du lycée. Nous étions jeunes et insouciants ! Le PRC Crew va alors accroitre ses membres d’année en année.

Que signifie PRC ?

PRC a deux significations distincte le « Paris Réunion Connexion » est son nom originel. Mais la branche locale est « Pur Race Coq », l’animal étant un emblème et un véritable culte à la Réunion (bataille coq). Il y avait alors deux représentations : La Réunion des hauts et la Réunion des bas ! Ainsi nous nous retrouvions tous sur un même mur avec des lettrages différents, dans une harmonie parfaite.

Vous êtes à combien dans le crew ?

Actuellement on peut dire que nous sommes réellement 10. Même si au début nous étions plus car le crew était à ses débuts. Depuis certains se sont arrêtés, d’autres sont arrivés.

Présentation de chaque membre

ikon, dock, dick, makio, l’horloge, rskpé, loisir, shoz, liz, miel, mek (des olds timer), milk shake, ulper (toujours actifs), bongo, beoz, biz, wosk, west, kart (des mecs inoubliables et très importants à l’époque des gros blocs !)

A la Réunion, on voit souvent de gros bloc de lettre PRC sur de grandes façades, se faire voir de très loin est l’une de vos priorités ?

C’est vrai nous étions très passionnés et investit par les gros blocs letters. Pour nous c’était un moyen de se retrouver. C’était pour nous des challenges mais aussi l’occasion de se différencier des autres crews de l’île. Durant ces années le graffiti était très présent sur la Réunion, il fallait pour nous se démarquer. Mais il faut aussi souligner que tout cela nous a procuré des moments, jusqu’à ce jour, INOUBLIABLES.

Graffer en crew, les avantages ?

Déjà la notion crew doit être qualifié à sa juste valeur. Pour nous il n’était pas rare de tous se retrouver (ça faisait beaucoup de monde !) et c’est vite devenu du travail de groupe. Les blocs et les fresques réalisés étaient devenus un vrai travail d’équipe. Je pense que c’est un vrai avantage. Le mélange des styles, la façon de travailler nos pièces, on était en perpétuel apprentissage. L’entraide, que se soit au niveau du graffiti, mais surtout dans la vie. Des valeurs hip hop que l’on ne perdra jamais. Au début le crew ne se résumait pas qu’au graffiti : danseurs, chanteurs (et qui chante toujours), skateurs… il n’était pas rare de se retrouver chez les uns pour partager un repas, discuter, s’éclater. C’est toujours le cas aujourd’hui mais avec quelques années en plus et plus de maturité.

Actif à l’échelle nationale et internationale ?

Avec le temps, certains membres du crew se sont expatriés. Certains à Toulouse, Paris, New York et Barcelone. Quand cela devient possible, nous essayons de nous retrouver pour peindre tranquille et sans pression.

Le crew est toujours formé ? Si non, pourquoi ?

Le PRC est toujours formé, certes nous n’avons plus le rythme d’avant, beaucoup d’entre nous sont devenus des pères de famille. Mais dès que l’occasion se présente nos sacs sont prêts et nous allons poser. Essentiellement en terrain mais toujours avec la banane et la même passion qui nous animent depuis tant d’années.

Des anecdotes à raconter ?

Ils y en a beaucoup, mais certaines nous ont marqué. Notamment lorsque nous réalisions une grande fresque sur le thème des volailles au bord dune route nationale et qu’un véhicule des pompiers s’arrête sur la BAU. Un moment exceptionnel car une naissance a eu lieu. Nous crions alors tous nos noms pour, pourquoi pas, donner une idée de prénom au petit. Il y a eu de bons et de moins bons souvenirs, ils nous a fallu calmer nos ardeurs de blocs lorsque les forces de l’ordre comptaient bien nous mettre la main dessus. Mais aussi des différents, avec un crew qui a duré très/trop longtemps. Anecdotes qui avec le recul nous a fait comprendre que pendant une période nous sommes allés trop loin. Au niveau des blocs letters, l’insouciance avait pris le pas sur la
réalité. Certains anciens n’étaient alors pas forcément d’accord avec cela et nous pouvons maintenant le comprendre. Mieux vaut tard que jamais.

Est-ce que la Réunion est un lieu propice à la création, aux spots de graff ?

Nous avons grandit avec des graffeurs de talents tant au niveau « lettrage » que persos. Ce fut très enrichissant car les magasins de bombes n’existaient pas donc les marques spécialisées non plus. On pouvait vraiment juger la force de chacun car nous graffions avec des bombes pour automobile ou autres. Les lSA, OCB, ADR, ALEZ, 3HS, DT, NSK, DKP, PEZ et j’en oublie certainement, étaient omniprésents. On pouvait voir des fresques magnifiques ou même des chromes bourrés de style. Oui je pense que la Réunion est propice à l’aérosol, au GRAFFITI. Ces mecs nous ont ouvert la voie. Il y avait des styles différents de partout c’était hip hop, une ambiance particulière tout en vivant sur une Ile. Nous avions alors à cœur de reprendre le flambeau.

Des projets en vu pour 2017 ?

Nous sommes maintenant bien moins actifs mais notre ambition est de pouvoir peindre dès que cela est possible. Le graffiti est pour nous un moyen de nous évader, de se retrouver, nos projets sont simples : Faire des lettres et encore des lettres, créer des connexions quand cela est possible. Nous en profitons pour saluer tout les graffeurs de l’île : la jeune garde qui monte, respect aux Tea, MOB, 253, OKF et ceux que nous oublions, qui nous offrent un peu de Peps sur nos routes. Un gros salut aux « writers » qui sont hors département, je pense à hugo, la lizette, djamb et docker. Pour finir je rajouterai qu’avec le temps nous perdons des personnes chères, j’adresse donc toute mes pensées à ceux qui ont disparu, grosse dédicace à MUMU et POST. Nos pensées aux autres qui ont connu la douleur.