Interview : Mr Poulet et son personnage naïf et humoristique


Monsieur Poulet est un street artiste pluridisciplinaire originaire de Bordeaux en Gironde. Il a débuté dans le graffiti par des lettrages. Depuis il peint avec humour dans les rues de Bordeaux des personnages attachants et des jeux de mots.

Tout d’abord, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas déjà ?

Bonjour, mon nom d’artiste c’est Monsieur Poulet, je vis et peins à Bordeaux et dans ses environs. J’ai commencé le graffiti vers l’âge de 17 ans. Je ne peignais que des lettrages…et quasiment que des chromes. Aujourd’hui j’ai presque 40 ans, mais je ne dirais pas que je peins depuis 25 ans. J’ai tellement arrêté, repris et re-arrêté et re-repris que je me sens comme un débutant à chaque fois que je fais pshit sur un mur.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de peindre les murs ?

Quand j’avais 17 ans, j’ai juste voulu faire comme les grands de l’époque. J’avais ouvert un magazine nommé 33 C’Fresh qui m’avait tellement collé un Choc Visuel que j’ai voulu faire pareil.
Par la suite, c’est l’aventure qui me donne envie de peindre des endroits vierges. J’adore fouiner à droite à gauche…du coup quand je découvre un spot vierge, c’est toujours un gros kiff.

Ton travail met en scène un personnage naïf qui interagit avec humour avec l’environnement urbain. C’est important pour toi cette interaction ?

Oui cette interaction est importante. Jouer avec le support, le contexte, ça donne de l’intérêt au truc. Ça permet de se creuser la tête

Comment en es-tu venu à peindre ce poussin naïf et humoristique ?

Au tout début et comme tout le monde, j’ai peint des lettres. Je me suis vite rendu compte que je n’étais pas très doué pour ça.
J’ai cherché un animal un peu naïf et rigolo à représenter…j’ai alors dessiné un pingouin. Et lorsque que je l’ai montré à une amie, elle m’a dit qu’il ressemblait plus à une poule qu’à un pingouin. Je lui ai alors rajouté une crête et il est devenu un poulet.

Comment a évolué la scène bordelaise depuis tes débuts ?

Je ne peux parler que de ce que je vois maintenant. Car comme je le dis plus haut je me suis tenu un peu éloigné de la scène. Mais je peux te dire une chose, je prends le train tous les jours…et tous les jours je vois un nouveau panel.

Tu peins souvent dans des lieux abandonnés, comment les déniches-tu ? Quel est celui qui t’as le plus marqué ?

C’est vrai que j’affectionne ces endroits où personne ne va. Il y a tout ce qui me plait : la solitude, le calme et des murs vierges. Et pour ça, je roule, je rôde. Il n’y a que comme ça que tu trouves de jolis spots.

Il y a quelques endroits que j’ai particulièrement aimé peindre. Une clinique abandonnée avec encore pas mal de matos dedans, un entrepôt qui s’est révélé être gigantesque après avoir ouvert cette petite porte… Je l’ai peint le lendemain matin. C’était un dimanche d’hiver dans une zone industrielle. La brume avait envahi le lieu et le vent glacé soufflait entre les ouvertures. L’ambiance était assez particulière. Et le lundi l’entrepôt était rasé. Bon timing.

 

Quels sont les graffeurs qui t’ont influencé ?

Il y en a tellement, et de tous les horizons et de tous les style que je ne pourrais pas tous les nommer.

Des projets pour la suite ?

Continuer à trouver des spots vierges et continuer de les peindre.

Informations

Vous pouvez retrouver son travail sur son site internet ainsi que sur sa page Facebook